Suite à l'article "Bébé garanti sans futur cancer du sein ?", j'ai eu envie de vous donner plus d'info sur ce qui se passe en France.

En fait ce sujet m'interesse fortement puisqu'il y a dans ma famille proche des antécédents graves (cancers).

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Résumé de l'article : http://www.genethique.org/doss_theme/dossiers/dpi/fiche_pedagogique.htm

Le Diagnostic pre – implantatoire, DPI, consiste à rechercher certaines anomalies génétiques sur des embryons obtenus par fécondation in vitro (FIV). Les embryons non porteurs de l’anomalie sont transférés dans l’utérus et les embryons atteints sont détruits.
Le DPI s’adresse aux couples à risques génétiques, soit que l’un des membres du couple ou les deux, ait une anomalie génétique connue dans la famille, soit qu’un premier, voire un deuxième enfant, ait révélé l’existence d’une transmission génétique d’une maladie. 
Malgré la difficulté d'obtenir une grossesse par cette méthode, un certain nombre de couples fertiles a recours à cette nouvelle technique afin d'éviter le traumatisme physique et psychique que représente une interruption médicale de grossesse au troisième ou quatrième mois de grossesse.

Le DPI n’est pratiqué que dans des centres certifiés. Il n'en existe que dix-sept dans onze pays à travers le monde (Angleterre, Australie, Belgique, Canada, Colombie, Espagne, Etats-Unis, France, Hollande, Israël et Suède). En france, il n'y en a que 3 (Paris, Clamart, Montpellier). Les deux tiers des diagnostics concernent la détermination du sexe pour éliminer les embryons de sexe masculin à risque car peut-être porteurs d’une maladie liée au chromosome X.

Le DPI permet de caractériser le statut génétique d’un embryon, il est utilisé pour :
- déterminer le sexe de l’embryon ce qui permet d’identifier une/des affections liées au chromosome X (il en existe plus de 200). Le sexage des embryons permet donc de ne transférer que des embryons de sexe féminin sains et de
ne pas transférer les embryons masculins qui sont atteints une fois sur 2.
- chercher un défaut génétique unique, comme la mucoviscidose.
- rechercher une maladie chromosomique.

Dans certains pays il a des indications plus larges, comme la recherche de la trisomie 21 chez les femmes de plus de 38 ans, voire le dépistage de susceptibilité à un cancer familial, ou le choix du sexe par convenance.

Aux Etats Unis, le DPI a même été utilisé pour créer un enfant qui puisse donner ses cellules à sa grande sœur atteinte d’une maladie génétique grave (le lien de cet article :

http://www.genethique.org/revues/revues/octobre2000/04-05-06-20_10_00.htm ).

Egalement, en février 2002 et pour la première fois en Angleterre, un enfant est né après avoir été conçu et sélectionné pour être donneur compatible avec son frère aîné, leucémique (le lien de cet article :

http://www.genethique.org/revues/revues/2002/fevrier/21_02_02.htm )

L'art 18 de la convention d'Oviedo interdit la création d'embryons aux fins de recherche mais pas le DPI.

La France est le seul pays à s'être doté d'une loi spécifique concernant le DPI, et ce avant que ne débute la pratique du DPI.
En Suisse
, le Conseil national vient de refuser d'autoriser le DPI dans la loi sur la procréation médicalement assistée.
En ce qui concerne la Belgique et les Pays-Bas, une législation est en cours d'élaboration. L'Allemagne, qui considère l'embryon comme une personne, a interdit ce diagnostic dans sa loi 13 décembre 1990.

En France, le premier bébé est né le 13 novembre 2000 un mois et demi avant terme, il s’appelle Valentin :  http://marco.garnier.free.fr/valentin.htm . Le second, Lilou, est né le 29 février 2001 à terme. Ces deux enfants sont nés à l’hôpital Antoine Béclère à Clamart. Depuis, une vingtaine d’enfants est née par DPI.
La naissance de Valentin a été très médiatisée par le Téléthon 2000 car c’est notamment par les dons collectés lors du Téléthon qu’elle a pu être réalisée.

MON COMMENTAIRE :

Pour info, à clamart, la durée d’attente pour avoir accès à un DPI est de 2 ans. Alors qu'à Montpellier l'attente est de 6 mois. Dès que le traitement DPI commence, il faut encore que ça marche car les chances ne sont que de 15% en moyenne. Encore un parcours semé d'embuche...

Pour moi, le DPI est une chance ! éviter à un enfant une future maladie est presque inesperer. Si je devais passer par là, je n'hésiterai pas. Le probleme est bien-sur les dérives qui peuvent en découler...

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