Voilà tout est fini.

Moi qui suis censée ne pas avoir de problème particulier, je ne réagis pas au traitement. Les médecins ne comprennent pas.

Depuis samedi matin, JE sais que ces 4 follicules matures ne seront plus que 2. Et comme on m'en demande 3 pour faire une ponction, JE savais déjà que c'était la fin. Mais bien sur, la gygy espérait encore que d'autres "moyens" rattrapent leurs retards et grossissent. Résultat, je vis depuis samedi matin partagée entre la souffrance de l'échec et l'espoir. Atroce.

Ce matin, ultime stress. Tellement de femmes dans les couloirs qui attendaient que l'on a du s'asseoir dans le couloir des "femmes enceintes". Tous les 1/4 d'heure, un médecin sortait pour appeler ces patientes enceintes. On entendait le bruit de leur écho, limite du coeur de leur bébé, à travers la porte. Mais franchement qui peux nous en vouloir autant pour nous faire vivre ça ?!?!

Au bout de 2h30 d'attente, sur la table d'echo, une gynéco (pas la mienne) commence à compter la taille des follicules. J'ai failli pleurer quand j'ai compris qu'il n'y en avait que 2. Comme ce n'était pas ma gygy, elle a voulu me donner un peu d'espoir en me disant qu'elle ne connaissait pas mon dossier et que donc on pouvait espérer. Je me suis énervée en lui disant de ne pas me donner de faux espoirs. Elle a ouvert vite la porte limite pour que je me barre. On s'est barré aussi sec.

La colère, la haine, la souffrance, l'injustice. Les pourquoi nous ? pourquoi moi ? qu'est-ce que j'ai fait bordel pour mériter ça ? même pas capable de faire une FIV ! et de penser à toutes ces filles enceintes qui se lèvent avec le sourire et qui se couchent avec le sourire... voire qui se plaignent de nausées, de tout, de rien... franchement c'est que dalle par rapport à ce qu'on vit. Oui je suis en colère, oui je suis jalouse à en crever. Oui ça va me rendre malade si je n'arrive pas à être enceinte un jour.

Depuis samedi matin, j'ai l'impression d'etre une condamnée à mort qui attend la sentence pendant les 48 dernières heures. Meme en ayant passée un we à pleurer, à vivoter dans l'attente, ça n'attenue pas la peine de ce jour.

En repartant de l'hosto, on sait que le supplice ne sera délivrée que vers 16h quand ma gygy m'appelera pour me dire que l'on arrête le traitement. Encore 6h à attendre. Je compte les heures : depuis samedi matin, cela fait 64h de torture. Parce que la pire des tortures c'est de savoir que tout est fini, MAIS il y a toujours cette petite lueur d'espoir, attisée par les paroles de cette conne de gygy.

Résultat, je vais chez mon médecin généraliste pour me faire arrêter pour la semaine. C'est ça ou je tue quelqu'un. Je suis tellement à bout que j'en veux à tout le monde.

16h : appel de ma gygy. Elle m'explique ce que je sais déjà : on arrête tout.
Elle en a parlé avec d'autres médecins et ils ne comprennent pas. Au vu de mes dernières analyses d'avril, j'aurai du bien réagir au traitement. Mais ils ne peuvent pas encore tout expliquer.

[Là grosse remise en question. Est-ce moi qui sabote inconsciemment le traitement ? oui j'ai des problèmes avec mes parents, qui ont en plus empirés très récemment, mais bordel je travaille sur ça avec un psy depuis 2 ans !!!
J'ai l'atroce sensation que tout est de ma faute... pire celle de mon histoire familiale, et que je ne pourrais pas y échapper.]

Elle m'avoue que si j'avais 40 ans elle arrêterait là. Mais là elle va tenter le tout pour le tout : en somme les protocoles de la dernière chance.

Le prochain protocole serait de monter la stimulation au maximum, à 450 unités. (Pour info, j'ai commencé la FIV1 à 200 Unités et celle-ci à 300). Certains centres ne veulent pas dépasser les 350 unités, trop dangereux. Vous imaginez un peu l'état dans lequel je vais me retrouver avec 450 unités.
A cause de planning des congés de JDF, nous ne pourrons commencer le traitement que fin aout/début sept.

Si ce protocole ne marche pas (et il ne marchera certainement pas vu que mes ovaires ne réagissent pas à la stimulation), elle tentera le protocole de la dernière chance : la FIV NAT. (= FIV sur cycle semi-NATurel).

LA FIV NAT :

Le principe est qu'il n'y a plus de blocage des ovaires avec le decapeptyl. Sur un cycle naturel, on laisse se développer le follicule dominant naturel (un seul par cycle), et à J10 on stimule un peu pour le faire grossir. Ensuite monitorage tous les 2 jours.
Le plus difficile est de faire la ponction avant l'ovulation naturelle, qui peut arriver n'importe quand puisqu'on ne la contrôle plus chimiquement. Résultat, dans les cas de FIV NAT, le taux de ponction blanche est de 25 % !  En plus sans anesthésie ! donc douleurs.
La ponction blanche c'est la pire des malchances. On vous anesthésie pour vous ponctionner les quelques follicules dominants que l'on a repérés à l'écho, et en vous réveillant on vous dit "désolée madame, il n'y a aucun ovocyte ! tout est vide !" (là je pense à ma copine AS qui a vécu ça et qui a bien morflé). En FIV classique ou ICSI, on a 1% de (mal)chance d'avoir une ponction blanche. En FIV NAT, c'est 25%. Autant vous dire qu'il faut des nerfs en béton ! et moi je ne les ai pas.

Si on arrive malgré tout à ponctionner 1 ovocyte, il serait de meilleure qualité. Mais il faut qu'il réagisse bien aux spermatozoïdes de mon homme. Et là on a donc qu'une seule chance ! il faut que cela donne un embryon ! et qu'il tienne lors de la réimplantation.
La seule chose positive avec ces FIV NAT, c'est que le taux de réimplantation est meilleur parce que l'ovocyte produit naturellement par mon corps serait de meilleure qualité.

Voilà, je suis complètement dépitée. Fin 2010, après 1 an de FIV, je n'aurai peut être même pas réussit à mener une FIV à terme. Autant vous dire que si le protocole de septembre ne marche pas et que la FIV NAT ne marche pas, ils arrêterons là les tentatives.

J'ai l'impression que tout va de pire en pire... au début on nous apprend qu'on ne peut pas avoir d'enfant. Faut déjà encaisser.
MAIS il y a les FIV.
Et là je n'arrive même pas à faire une FIV !!!

Je vois bien que tout ça c'est pour me préparer au pire, cad que jamais je ne serai enceinte.